Recettes douanières – Le secteur a enregistré un déficit de 34,7 milliards FCFA au premier trimestre 2024

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Avec un taux de collecte de 86,1 % sur un objectif initial de 250 milliards, les services douaniers camerounais n’ont recueilli que 215,3 milliards de Fcfa entre Janvier et Mars 2024.

Face au spectre du resserrement de l’assiette fiscale ; la faute aux Accords de Partenariat Économique, à l’expansion de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine…EtEtc, autorités gouvernementales et douanières trouvent des arguments pour justifier la non-atteinte des objectifs initiaux. Le ministère des finances via le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2025-2027 met en relief trois postes de recettes de la direction générale des Douanes. Ici, l’on fait observer que sur un objectif de 93,8 milliards attendus du droit de douanes à l’importation, il y a eu un manque de 12, 2 milliards de Fcfa. Au niveau des droits d’accises, 3 milliards de Fcfa ont manqué pour atteindre les 15,6 milliards de Fcfa fixés comme objectifs.

Pour ce qui est de la Taxe sur la valeur ajoutée à l’importation, des prévisions de 115,1 milliards de Fcfa envisagées, seulement 92,1 milliards ont été captés. Les taxes sur les droits de sortie ayant été le seul segment a affiché une hausse de 3,5 milliards, passant ainsi de l’objectif de 14,6 milliards de Fcfa à 18,1 milliards de Fcfa. De plus et selon le même document, la tendance à la baisse des recettes douanières au premier trimestre 2024 est liée à l’insuffisance de moyens logistiques de contrôle et de surveillance (drones) pour lutter contre la fraude commerciale et la contrebande (laboratoires d’analyses).

Outre les explications données par les autorités gouvernementales, en occurrence le document du Minfi. Au niveau des services douaniers, l’on pointe du doigt plusieurs facteurs. En dehors de la fraude, la contrebande, les crises économique et sécuritaire et l’instabilité du cours du Naira dont la conséquence est l’écroulement du niveau de perception des droits et taxes de douane sur les biens importés du Nigéria. Les services douaniers mettent en exergue la question des impayés de l’État et plus spécifiquement la Société Nationale de Raffinage. En effet, depuis l’incendie dévastateur du 31 mai au 1er juin 2019, la Sonara doit plus de 50 milliards de Fcfa et n’a versé aucun copet depuis janvier 2024. Les marqueteurs ne paient pas toujours les droits de douane. Et à date, la dette culmine à plus de 100 milliards.

Pour rappel, les prévisions des recettes douanières pour le compte de l’exercice 2024 sont passées de 1 079,9 milliards de Fcfa à 1 094,6 milliards de Fcfa selon le collectif budgétaire signé par le Président Paul Biya, soit un supplément additionnel de 14,7 milliards de Fcfa. À ce titre, les 215, 3 milliards de Fcfa collectés entre janvier et mars 2024 ne constituent que 20% des projections annuelles. Une situation qui nourrit le risque de voir le Cameroun finir l’exercice 2024 avec un taux de réalisation estimé à 80%, en deçà des objectifs fixés, commentent les spécialistes du secteur douanier.

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